LA MONARCHIE

La grande peste de juillet 1564 qui ravageait Lyon et le pays de Velin jusqu’à Crémieu, paralysa tous commerces. Les routes furent désertées, les étrangers refoulés, tant était grande la peur inspirée par cette terrible maladie qui détruisit en quelques jours la population des hameaux et des villages. Gabriel de la Poype St Julien, le 25 février 1590, rappelle de Crémieu plusieurs compagnies détachées à Bourgoin pour lutter contre les lieutenants de Lesdiguières qui venaient de battre à Charvieu et au Pont de Cheruis des hommes du Lyonnais qui se dirigeaient vers Crémieu.

La peste réapparut en 1628 et sévit durant une année dans le lyonnais. Elle réapparut en 1631, 1640 et 1650, traînant derrière elle des chapelets de cercueils.

En 1646, à la demande de l’intendant, Dauphine de Roman, un parcellaire est établi concernant la communauté de Charvieu. Ce document nous apprend que l’habitat rural se composait d’une seule pièce, très exceptionnellement de deux, où logeait une famille. Le tiers des habitants est assujetti à l’impôt. Les autres habitants, tous paysans, constituent une main d’oeuvre qui ne perçoit que quelques deniers, un peu de nourriture et parfois le gîte dans des masures.

Les révisions des feux en 1702 à Crémieu fait apparaître les difficultés rencontrées pour le peuple des champs. Les marais qui bordent la Bourbre engendrent un brouillard aussi néfaste à la culture qu’aux gens du terroir. Il y a peu d’arbres fruitiers, pas de vigne et les terres céréalières sont pauvres. La taille ruine les petits propriétaires et la saisie du mobilier, de la ferme même, les entraîne à la mendicité. En ce règne du Roi Soleil, les nobles terriens, les bourgeois et les ecclésiastiques sont exonérés de la taxe depuis 1639, date à laquelle, un arrêt royal accordait ce privilège à ces notables.