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Commémoration de la Victoire du 8 mai 1945 – Discours de Gérard Dézempte

Par 09/05/2019 Aucun commentaire
Commémoration de la Victoire du 8 mai 1945 - Discours de Gérard Dézempte

 

Messieurs les représentants des Associations d’anciens combattants,

Messieurs les porte-drapeaux,

Mesdames, Messieurs, les élus,

Mesdames, Messieurs,

Chers enfants de nos écoles,

En ce 8 mai 2019, nous commémorons, comme chaque année, la victoire des Alliés contre les forces Allemandes à l’issu de la Seconde guerre mondiale.

Durant les années 1930, l’Europe, le Vieux continent, réceptacle de la sagesse des Anciens et du message de l’Evangile, qui a donné tant de saints, de philosophes, de scientifiques et de lumière au monde, bascula dans les « idéologies », et pris part à une nouvelle guerre mondiale.

Cette guerre se solda par un bilan catastrophique avec plus de 60 millions de morts. Ce qui fait de ce conflit le plus meurtrier de toute l’Histoire. Le traumatisme était d’autant plus grand, que plus de la moitié des victimes furent des civils : massacrés lors des bombardements, éliminés par les famines provoquées, comme en URSS, ou encore, exterminés dans le cadre d’un génocide, calculé et organisé méthodiquement par les nazis. 

Aujourd’hui, devant notre Monument aux morts, nous venons rendre hommage à tous les combattants Français, et aux enfants de Charvieu-Chavagneux, morts pour la France durant ce conflit.

La mort de militaires français dans les conflits où notre pays est actuellement engagé, au Mali, en Syrie ou en Lybie, nous rappelle pourquoi le 8 mai 1945 n’est pas un jour férié comme les autres.

Je tiens à remercier et à féliciter les enfants de nos écoles qui, une fois de plus, accompagnés de leurs enseignants, viennent aujourd’hui se recueillir, et montrer qu’ils parviennent à saisir la portée des moments solennels de notre histoire. Oui, car à Charvieu-Chavagneux, toutes les générations remplissent le devoir de mémoire dû à la Nation, des plus jeunes jusqu’aux anciens.

Les enfants, vous êtes une centaine à être venus chanter ce matin pour commémorer avec nous la victoire du 8 mai 1945. Une victoire, c’est un événement joyeux. Votre génération et celle de vos parents n’ont pas connu la guerre sur le sol français. La guerre… c’est une chose qui nous paraît lointaine et abstraite. On ne la voit plus qu’à travers les photos en noir et blanc, dans les films, ou dans certains jeux vidéo.

Et pourtant, n’oubliez jamais, chers enfants, qu’il n’y a pas si longtemps, pour certains de vos grands-parents, et pour les générations qui les ont précédés, la guerre et son cortège de malheurs : la mort, les villes bombardées, les exodes, la faim, la maladie, étaient des réalités tangibles, qu’ils ont pu éprouver dans leur chair.

Mesurez donc la chance que vous avez eu, comme beaucoup d’entre nous, de grandir dans un pays, et dans une Europe en paix. La paix est un trésor. Un bien précieux et fragile à la fois, qu’il faut savoir préserver.

Il faut d’autant plus savoir la préserver, que les nuages de la haine et de la violence sont soudainement réapparus ces dernières années sur le sol de France. 258 Français, et parmi eux beaucoup de jeunes, ont été massacrés au cours des 13 attentats islamiques qui ont eu lieu dans l’Hexagone entre mars 2012 et décembre 2018. Du jamais vu depuis la Seconde guerre mondiale. Ces massacres étaient parfois perpétrés par des jeunes du même âge que leurs victimes, et dont certains détenaient, sur le papier, la nationalité française. Comment avons-nous pu en arriver là ?

Par ailleurs, l’actualité mondiale nous rappelle régulièrement que des minorités, notamment chrétiennes, vivant dans des pays orientaux, sont encore persécutées aujourd’hui dans le monde. Je ne peux m’empêcher d’avoir une pensée pour les chrétiens d’Orient, d’Irak, de Syrie et d’Egypte, qui connaissent aujourd’hui encore les persécutions sur leurs terres ancestrales, berceaux du christianisme. Pensons également aux martyrs du terrorisme islamique au Sri Lanka, qui a fait 257 morts et 500 blessés lors du weekend pascal.

Face à ces périls, l’Europe, la France, doivent se mobiliser pour éradiquer le mal à la racine, faute de quoi, le slogan « l’Europe c’est la paix », déclamé avec tant de fierté par nos dirigeants, n’aura été qu’une chimère.

Comment admettre l’idée, qu’après tous les malheurs du XXe siècle, nous laissions notre pays replonger dans la violence et le conflit ? Comment accepter que les Français ne forment plus un peuple cohérent et uni autour d’un même socle culturel ? Gérard Collomb, ancien Ministre de l’Intérieur, a rappelé en 2018 que si nous ne faisons rien, les différentes communautés qui vivent aujourd’hui « côte à côte » sur le sol français, y vivront demain « face à face ».

C’est contre cela qu’il faut s’élever, afin d’écarter le spectre de la guerre civile qui menace, et dont seraient victimes nos enfants et nos petits-enfants. Cette perspective est d’autant plus inacceptable, pour nous, qui célébrons aujourd’hui la victoire de la paix et de la raison sur la barbarie.

Comme disait le poète Hölderin « là où croit le péril, croit aussi ce qui sauve ». L’occupation nazie a fait éclore la Résistance française. Certes, la Résistance n’a pas à elle toute seule terrassé le nazisme, mais elle y a pris sa part, au niveau stratégique et militaire, dans le cadre de la coalition des Alliés contre les forces de l’Axe ; et elle y a payé un lourd tribut en pertes humaines.

Au sein de la Résistante, il y avait des hommes et des femmes. Certains parmi eux sont devenus de prestigieux soldats, et d’autres, innombrables, sont restés des anonymes, oubliés de la grande histoire. Tous étaient prêts, cependant, à risquer leur vie, pour l’indépendance et la liberté de leur pays.

Permettez-moi d’évoquer la figure admirable du commandant Honoré d’Estienne d’Orves, officier de tradition, patriote et pionnier de la Résistance française. Rallié au général de Gaulle dès septembre 1940, Honoré d’Estienne d’Orves fut affecté au 2e Bureau des Forces navales françaises libres. Il y organisa des filières de renseignement en France occupée.

Il fut arrêté à Nantes par les Allemands à la suite d’une trahison, et condamné à mort par la cour martiale.

Avant d’être exécuté, dans sa cellule, le commandant d’Estienne d’Orves a rédigé une lettre à son épouse : « Je veux que tu continues à mener notre vie courageuse auprès des enfants qui ont besoin de toi. Tu leur expliqueras ce que j’ai fait pour qu’ils sachent que leur papa n’a eu qu’un but : la grandeur de la France, et qu’il y a consacré sa vie. » 

A l’aube du 29 août 1941, Honoré d’Estienne d’Orves fut exécuté par les Allemands, au mont Valérien, en compagnie de deux de ses compagnons.

Chers enfants, cet exemple de courage, d’esprit chevaleresque et de sacrifice, doit vous édifier pour l’avenir. Notre société est souvent beaucoup trop individualiste et trop matérialiste. Chacun tend à se replier sur son nombril, son téléphone portable et ses petits loisirs, oubliant chaque jour un peu plus que nous formons ensemble un peuple glorieux, et qu’en tant que Français, des liens d’attachements et de solidarité indéfectibles doivent continuer de nous unir.

Aussi, plus que les modes passagères ou les célébrités modernes sans grand intérêt, admirez ces héros de la Résistance, qui ont donné leur vie, pour qu’à tout jamais, vous soyez libres et fiers d’être Français.

 

Vive la République,

Vive la France.

 

Texte

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