LA REVOLUTION

Lors des Assemblées Générales des trois ordres tenues en 1788 à Romans, Monsieur Baudrant, avocat, Monsieur Sornins, avocat, demeurant aux Constantins près du Pont de Chéruis, furent délégués aux Etats Généraux. A cette date, le dernier greffier de la Baronnie d’Anthon est le Sieur Nugue, demeurant à Charvieu.

En 1789, Monsieur Dupont de Chavagneux était Seigneur de Chavagneux. La justice du lieu s’étend sur la commune de Charvieu. En 1792, le docteur Pic, chirurgien au hameau du Constantin, près du Pont de Chéruis, est professeur au « cours d’accouchement » avec ses collègues Labonnardière, médecin-chirurgien, Barre et Balme, chirurgiens, demeurant à Crémieu. La commune de Charvieu et celle de Chavagneux appartenaient sous la Révolution au district de Vienne et au canton de Villette d’Anthon. Ce canton eut une vie éphémère, le chef-lieu se trouvant sur la périphérie du canton, éloigné de toutes voies principales.

Les prêtres de la religion catholique, malmenés par la révolution, trouvent néanmoins auprès des représentants du peuple, un soutien. Un certificat de résidence délivré le 22 Messidor An II, atteste le civisme et les sentiments républicains de Jean Sorbier, curé de Chavagneux :
« Nous, Maire, Officiers municipaux et notables composant le Conseil Général de la Commune de Chavagneux, bien informés des sentiments républicains du citoyen Jean Sorbier, ci-devant curé de cette commune, avons délivré le présent certificat de civisme pour lui servir et valoir ce que de droit, le présent non scellé à défaut de sceau, Doitier Maire, Renaud, agent et Mollard, greffier, sachant écrire et signé ».

En nivôse An II, un document émanant du Conseil Général de la Commune de Chavagneux répondant à un ordre réquisitoire, précise qu’il y a deux moulins à eau qui font de la très belle farine dans les meilleures années et que, dans les grandes sécheresses, les moulins font la moitié moins de farine. La période de réquisition impose aux paysans du terroir le sacrifice nécessaire à la sauvegarde des grandes villes guettées par la disette, et à l’alimentation des troupes révolutionnaires luttant contre l’Europe royaliste coalisée contre la révolution française.